Published: Mar, Octobre 17, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

L'armée irakienne progresse face aux Kurdes près de Kirkouk

L'armée irakienne progresse face aux Kurdes près de Kirkouk

L'UPK est rival du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) du président kurde, Massoud Barzani.

Dans la nuit, des combats ont toutefois éclaté, faisant plusieurs blessés parmi les peshmergas qui ont été hospitalisés à Kirkouk, a indiqué une source de sécurité locale. Aujourd'hui, ce sont eux, ses successeurs chiites à la solde de Téhéran, qui font donner les chars, les howitzers [canons] et les katiouchas [roquettes] contre les champs pétrolifères et, donc, le poumon du Kurdistan.

Plus tôt dimanche, le gouvernement irakien avait changé de ton en accusant les Kurdes de chercher à "déclarer la guerre" avec la présence dans la province disputée de combattants du PKK, considéré comme "terroriste" par Ankara et Washington. Durant la nuit, des civils kurdes se sont massés dans la ville de Kirkouk, armes à la main, tandis que leur gouverneur, Najmeddine Karim, limogé par Bagdad mais qui reste à son poste, prévenait: "Les habitants aideront les peshmergas (.) nous ne laisserons aucune force pénétrer dans notre ville".

Cette offensive intervient après trois jours de face-à-face tendu entre troupes irakiennes et peshmergas kurdes et après l'expiration d'un délai supplémentaire accordé à ces derniers pour quitter les zones dont ils ont pris le contrôle en 2014 dans le chaos créé par la percée fulgurante des djihadistes du groupe État islamique (EI).

Le gouvernement a indiqué que les troupes avaient pour mission de "sécuriser les bases et les installations fédérales".

Les CTS ont aussi pris le plus important point de contrôle à l'entrée sud de la ville de Kirkouk et y ont installé le drapeau irakien à la place du kurde, ont indiqué des témoins.

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Ensuite, selon le JOC, les forces ont "pris le contrôle de l'aéroport militaire de Kirkouk", à l'est de la ville, "du quartier général de la North Oil compagny" (NOC) -institution publique en charge de l'extraction et de la commercialisation du pétrole -, et "du champ pétrolier de Baba Gargar". Mais cette information a été démentie par les autorités kurdes qui à l'instar d'autres sources militaires irakiennes, ont fait état de violents heurts au sud de Kirkouk.

"Les forces irakiennes et les unités de mobilisation populaire avancent depuis Taza Khormatou, au sud de la ville de Kirkouk", a indiqué le Conseil de sécurité kurde sur Twitter. Peu après, le vice-président kurde Kosrat Rassoul, qui se déplace avec des cohortes de peshmergas, arrivait, en tenue militaire, à Kirkouk.

Si des échanges de tirs ont eu lieu, la progression a été rapide du fait du retrait des peshmergas de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) des positions qu'ils contrôlaient au sud de Kirkouk.

Ces trois champs fournissent 250.000 barils par jour sur les 600.000 b/j de pétrole produits par les Kurdes, dont 550.000 b/j sont exportés par le Kurdistan irakien contre l'avis de Bagdad.

Le Kurdistan, qui traverse la plus grave crise économique de son histoire, pourrait lourdement pâtir de la perte de ces champs qui assurent 40% de ses exportations pétrolières.

Les principaux dirigeants kurdes ont opposé dimanche une fin de non recevoir au gouvernement de Bagdad qui leur demandait d'annuler le résultat du référendum d'autodétermination du 25 septembre, où le "oui" à l'indépendance l'a emporté à une écrasante majorité.

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