Published: Ven, Septembre 29, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

L'Irak suspend les vols internationaux depuis le Kurdistan

L'Irak suspend les vols internationaux depuis le Kurdistan

Sans surprise, le Kurdistan irakien a voté à plus de 92 % en faveur de l'indépendance, selon les résultats du référendum organisé à l'initiative du président de cette région autonome, Massoud Barzani.

Sur 3.305.925 votants, le "oui" a obtenu 92,73% des voix, a annoncé en fin de journée mercredi, la commission électorale du Kurdistan. Le taux de participation s'élève à 72%.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a toutefois posé mercredi l'annulation des résultats du référendum comme condition préalable à toute négociation avec le Kurdistan.

Les compagnies aériennes de la Turquie, du Liban et de l'Egypte vont suspendre à partir de vendredi leurs vols vers et en provenance du Kurdistan irakien, à la demande des autorités de Bagdad. Barzani qui a souhaité parler à Bagdad mais aussi à la communauté internationale alors que de nombreux pays s'inquiètent de la tournure des évènements, à commencer par le voisin turc qui a menacé de fermer sa frontière avec le Kurdistan et de "fermer les vannes" de l'oléoduc qui permet aux Kurdes d'exporter leur or noir.

Le chef du gouvernement irakien avait d'abord déclaré devant les élus que ce vote devait "être annulé " et des négociations ouvertes "dans le cadre de la Constitution ". Nous ne discuterons jamais du résultat " du scrutin, a-t-il prévenu". Nous imposerons la loi irakienne dans toute la région du Kurdistan. Ils ont aussi réitéré leur exigence d'un envoi des forces de sécurité dans la région. Cette demande a été bien accueillie par les voisins du Kurdistan, la Turquie, l'Iran et la Syrie, qui abritent tous d'importantes minorités kurdes et s'opposent résolument à l'indépendance du Kurdistan irakien. "Les marchandises qui pourraient y transiter" sont "des marchandises de contrebande", d'après un communiqué détaillant les décisions du Parlement.

Un grand nombre d'étrangers travaillant à Erbil quittaient le 27 septembre la capitale du Kurdistan irakien de peur de se retrouver bloqués, car titulaires d'un visa délivré par les autorités kurdes non reconnu par Bagdad.

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De même, le Premier ministre irakien a une nouvelle fois intimé l'ordre au Kurdistan de remettre aux autorités centrales le contrôle de ses deux aéroports régionaux, à Erbil et Souleimaniyeh.

Le ministre a rappelé que les aéroports d'Erbil et de Souleimaniyeh avaient été construits avec l'argent de la région autonome.

Leur fermeture affectera "l'aide apportée à la coalition (internationale) dans sa guerre contre le terrorisme", a-t-il notamment estimé.

Ankara détient la clé de l'asphyxie du Kurdistan car la quasi-totalité de son pétrole transite par son terminal de Ceyhan.

La Russie, qui compte d'importants intérêts économiques au Kurdistan, a dit considérer "avec respect les aspirations nationales kurdes".

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