Published: Ven, Septembre 29, 2017
Économie | By Estienne Trouve

Impôts : la baisse de 10 milliards pour 2018 n'aura pas lieu

Impôts : la baisse de 10 milliards pour 2018 n'aura pas lieu

La dette est stabilisée à 96,8 % du PIB. Et pour cause! L'équation qu'ils avaient demandée à leurs équipes de résoudre était impossible: afficher 10 milliards d'euros de baisse d'impôts et 20 milliards d'économies, et ce en finançant les priorités du président de la République et en respectant l'engagement de la France de se situer en dessous des 3 % de déficit public!

Le déficit de l'Etat se creusera de 6,4 milliards d'euros en 2018 par rapport à 2017, en raison des baisses de prélèvements obligatoires, selon le projet de loi de finances (PLF) présenté mercredi. "Un projet de budget sincère, audacieux dans sa manière de transformer l'économie française et juste dans sa répartition entre les Français", a souligné Bruno Le Maire en propos liminaire. Le gouvernement semble donc compter sur une croissance des recettes publiques plus forte que prévu en juillet pour réduire le déficit.

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Dans un avis remis au gouvernement, le Haut conseil des finances publiques (HCFP), chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires, a toutefois mis en garde contre des "risques significatifs" pesant sur la "réalisation des économies", appelant le gouvernement à agir plus fortement sur son "déficit structurel". "On va redonner du pouvoir d'achat comme depuis longtemps on n'a pas donné aux Français", a-t-il ajouté, appelant à "arrêter d'être démagogue" et "idéologue". Désireux de stimuler l'activité, le gouvernement a aussi annoncé de nombreuses réformes fiscales à vocation économique: transformation de l'impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière, instauration d'une "flat tax " de 30 % sur les revenus du capital ou baisse de l'impôt sur les sociétés (lire Le Télégramme du 25 septembre). 7 milliards d'euros sur le budget de l'Etat? L'objectif est de compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, qui représentent 3,15 % du salaire (2,40 % pour l'assurance-chômage, 0,75 % pour l'assurance-maladie). Cela fait moins que les 10 milliards d'euros annoncés préalablement par le gouvernement.

"En année pleine, la baisse" des prélèvements obligatoires liée aux réformes fiscales du projet de loi de finances "sera bien de 10 milliards", a expliqué à l'AFP cette source, assurant que les objectifs seraient tenus. Le gouvernement veut définir les missions de service public - une concertation sera lancée en novembre - avant de décider des coupes importantes, le but étant d'atteindre 50.000 postes au sein de l'État en cinq ans (sur les 120.000 suppressions promises dans les trois fonctions publiques). Ce matin, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il augmenterait d'environ 1,4 milliard d'euros, pour " dépasser les 50 milliards d'euros ".

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