Published: Jeu, Septembre 07, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

Elise Lucet ne lâche rien face aux menaces de l'Azerbaïdjan

Elise Lucet ne lâche rien face aux menaces de l'Azerbaïdjan

C'est un reportage vieux de deux ans qui va être revu par le tribunal correctionnel de Nanterre, mardi 5 septembre. Le 7 septembre 2015, elle avait introduit un reportage sur les coulisses des voyages présidentiels de l'ancien chef d'Etat français François Hollande, largement consacré à l'Azerbaïdjan, en présentant le régime azerbaïdjanais comme une "dictature, l'une des plus féroces au monde".

Suite à la diffusion de cette enquête, l'Etat du Caucase avait porté plainte contre la chaîne et la présentatrice, entraînant la mise en examen (quasi automatique) de la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte-Cunci pour "diffamation envers particulier" et d'Elise Lucet pour "complicité". L'État plaignant avait par ailleurs réclamé au Conseil supérieur de l'audiovisuel des sanctions contre France 2.

Maître Olivier Pardo, représentant l'Azerbaïdjan, estime que Cash Investigation est à la recherche du sensationnel. Laurent Richard avait quant à lui qualifié le pays de “dictature” et son président de “despote” dans une émission de radio. Et de rappeler, entre autres, que ce pays a aboli la peine de mort, compte "près de 500 journaux" et a adopté le multipartisme. Reporters sans frontières (RSF), qui témoignera à la barre en faveur des journalistes, dénonce une tentative dintimidation révélatrice du mépris de Bakou pour la liberté dexpression.

More news: Fermeture des écoles et des crèches en Guadeloupe — Ouragan IRMA
More news: Retour givré avec Les Flocons de l'été — Etienne Daho
More news: L'élection de Kenyatta annulée par la Cour — Kenya

Alors que Me Jean Castelain, avocat de la défense, a indiqué pour sa part qu'il allait "soulever l'irrecevabilité de constitution de partie civile de l'Etat d'Azerbaïdjan ", la partie inverse réfute. De plus, "les principaux sites d'information indépendants sont tous bloqués dans le pays ". Concernant le présent épisode, les prévenues encourent une amende de 12.000 euros. Au moins 16 journalistes, blogueurs et collaborateurs des médias y sont actuellement emprisonnés, selon l'organisation.

Selon Reporters sans frontières, c'est la première fois qu'un Etat étranger poursuit des journalistes devant les tribunaux français.

Like this: