Published: Ven, Septembre 08, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

Catalogne: le gouvernement local déclenche le choc frontal avec Madrid

Catalogne: le gouvernement local déclenche le choc frontal avec Madrid

Mercredi le parquet a déjà promis de poursuivre la présidente indépendantiste du Parlement catalan Carme Forcadell pour "désobéissance".

A 12h30, le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy recevra le chef de l'opposition socialiste Pedro Sanchez pour aborder le sujet, a précisé cette source.

Le président du gouvernement Catalan Carles Puigdemont (C), avec les membres du gouvernement catalan après l'adoption à 72 voix pour et 11 abstentions de la loi en faveur d'un référendum sur indépendance. Ils ont quitté l'hémicycle, abandonnant tristement derrière eux des drapeaux catalans et espagnols alignés côte à côte.

Ensuite, dans une assemblée à moitié vide semblant incarner la division de la région en parts presque égales entre indépendantistes et partisans du maintien en Espagne, les séparatistes ont repris en cœur l'hymne de la Catalogne.

"Les concepts d'Etat et d'unité des patries (.) n'ont plus d'avenir dans l'Europe démocratique actuelle": avec ces mots, le président régional catalan, l'indépendantiste Carles Puigdemont, a achevé dans la nuit de mercredi à jeudi une brève allocution à Barcelone, pour se féliciter de la convocation par décret d'un référendum sur l'indépendance de sa région, en dépit de son interdiction par la justice.

Les parlementaires de l'opposition dénoncent le déroulement du vote, survenu sans qu'ils aient la possibilité de proposer des amendements.

A peine trois semaines après les attentats des 17 et 18 août qui ont fait 16 morts et plus de 120 blessés en Catalogne, l'Espagne est ainsi confrontée à une de ses pires crises politiques en 40 ans, dans cette région du nord-est.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et son adversaire socialiste Pedro Sanchez le 7 septembre 2017 à Madrid

Les personnes "qui sont aux commandes du Parlement et du gouvernement de Catalogne se rapprochent davantage des régimes dictatoriaux que d'une démocratie", a-t-elle lancé, annonçant la saisine de la Cour constitutionnelle pour tenter de faire annuler les débats, puis le vote de la loi.

Ce statut a été amendé en 2010 par la Cour constitutionnelle à la demande de la droite.

Mariano Rajoy a ajouté que " tous les maires de la région [la Catalogne] seraient avertis qu'il est de leur devoir d'empêcher ou de paralyser toute initiative tendant à l'organisation d'un référendum ".

Si au final les séparatistes l'emportaient, cette région grande comme la Belgique et pesant 20% du PIB espagnol chercherait donc à quitter l'Espagne, mais sans consentement mutuel.

La Catalogne vit une poussée de fièvre sécessionniste, en partie alimentée par la crise mais aussi le sentiment d'être maltraitée par l'État central.

En tentant de maquiller cette séance plénière avec la solennité d'un acte adoptant le texte fondateur de leur république orwellienne, le Parlement a d'ores et déjà approuvé ses futures lois au mépris de toutes les procédures démocratiques.

Deux ans ont encore filé, sans véritable évolution du camp de Mariano Rajoy, accusé d'immobilisme: une première année sans gouvernement en raison du blocage du Parlement, une deuxième avec des propositions de "dialogue" et d'investissements, mais sans céder sur l'essentiel: l'exigence d'un référendum, ou d'une évolution du "modèle territorial" de l'Espagne.

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