Published: Sam, Septembre 30, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

Catalogne: des millions de bulletins saisis avant le référendum

Catalogne: des millions de bulletins saisis avant le référendum

Outre les nombreux recours devant le Tribunal constitutionnel pour invalider les lois et les décrets votés par le Parlament, le parlement catalan, qui a clairement outrepassé le domaine de compétence que lui octroyait la Charte fondamentale, il recourt à la mobilisation du pouvoir judiciaire et des forces militaires et policières (Garde civile, Mossos d'Esquadra, c'est-à-dire la police autonome de Catalogne). La moindre réaction que l'on puisse prévoir est l'organisation de manifestations nombreuses, ou d'un très grand rassemblement unitaire. En revanche, plus de 70% des Catalans tiennent à ce que le débat soit tranché par le biais d'un référendum légal, selon des sondages.

Le parquet de Catalogne a ordonné à la police régionale de procéder à l'identification des responsables des bureaux de vote qui devraient servir au référendum de dimanche. "Indépendamment de la légalité du référendum, les autorités espagnoles ont la responsabilité de respecter des droits essentiels pour les sociétés démocratiques", ont affirmé David Kaye, rapporteur spécial pour la promotion du droit à la liberté d'opinion et d'expression, et l'expert indépendant Alfred de Zayas.

Le Parti socialiste plaide pour un changement de la Constitution espagnole. "C'est comme le Brexit, aussi crétin", se désole, dans le train qui la mène à Barcelone, Beatriz Migens, 43 ans, Sévillane qui habite Madrid mais passe deux jours par semaine à Barcelone pour son travail.

20 septembre 2017: des perquisitions sont conduites par la Guardia civil à Barcelone et dans d'autres villes de Catalogne, une douzaine de membres du gouvernement régional sont arrêtés. En conférence de presse, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a demandé le même jour aux dirigeants catalans de " revenir à la loi et à la démocratie ". Le président de la Catalogne Carles Puigdemont a notamment accusé le gouvernement espagnol d'avoir imposé un "état d'urgence". Il a confirmé sa volonté d'organiser le référendum, malgré l'opposition de Madrid.

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Mais voilà, Rajoy n'est pas dans le cas de son prédécesseur, José-Maria Aznar, qui lutta contre le " plan Ibarretxe " en 2004-2005, du nom du Lehendakari (Président du gouvernement basque), à qui manqua alors un soutien populaire massif.

La votation du 1 octobre n'est sans doute plus réalisable car, après l'action du gouvernement, les conditions physiques mêmes de la consultation ne sont plus réunies. Ainsi, le chef du gouvernement a incontestablement l'avantage, fidèle qu'il est à une sorte de " patriotisme constitutionnel", le nouvel avatar du nationalisme espagnol.

Sur une cinquantaine de tables couvertes de propagande séparatiste, ces jeunes indiquent à ceux qui s'approchent l'emplacement de leurs bureaux de vote respectifs pour le scrutin de ce dimanche. Mais pour y arriver, il faut parvenir à convaincre Madrid de laisser se dérouler le scrutin.

En entrevue téléphonique vendredi, depuis Barcelone, en Espagne, les trois élus québécois souverainistes qui eux ne voulaient pour rien au monde manquer cet événement ont dénoncé l'absence de représentant du gouvernement québécois. Sergio, 23 ans, de la faculté de philosophie, a enchaîné deux nuits dans le hall universitaire afin d'empêcher les forces de l'ordre d'en prendre possession.

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