Published: Jeu, Septembre 28, 2017
Économie | By Estienne Trouve

Bombardier abordé durant les négociations de l'ALÉNA

Bombardier abordé durant les négociations de l'ALÉNA

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait menacé la semaine dernière de ne pas acheter de chasseurs Boeing Super Hornet pour l'armée canadienne si Washington mettait ses menaces à exécution. Non seulement le département doit poursuivre son enquête mais la Commission américaine sur le Commerce international (ITC) doit aussi se prononcer. L'avionneur américain affirme notamment que la commande de 75 CSeries, un avion de 110 à 130 places, passée en avril 2016 par Delta Air Lines a été remportée par Bombardier avec les mêmes méthodes commerciales déloyales employées dans les années 1990 par l'européen Airbus. Le département du Commerce n'a pas précisé comment il avait calculé ces droits de douane de 219,63%. La demande de Boeing est "absurde", a-t-il jugé, qualifiant la plainte de l'avionneur américain "d'hypocrisie ultime". Boeing n'avait pas d'avion de 100 sièges dans sa gamme pour concourir sur une demande d'un avion de 100 sièges.

La crise entre Américains et Canadiens est montée d'un cran mardi avec la décision du gouvernement de Donald Trump d'imposer des droits antidumping de quelque 220% sur les avions de transport civil CSeries fabriqués par le canadien Bombardier. Ce résultat démontre ce que nous disons depuis des mois: "les lois américaines du commerce n'ont jamais été conçues pour être appliquées de cette manière et Boeing tente d'utiliser un processus biaisé pour étouffer la concurrence et priver les compagnies aériennes américaines et leurs passagers des bénéfices des avions CSeries", a ajouté le groupe canadien dans un communiqué.

"Le Québec est attaqué".

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Le gouvernement du Québec a investi un milliard de dollars canadiens dans le programme CSeries, a expliqué Philippe Couillard affirmant que Bombardier n'avait pas touché "un centime" de subventions publiques.

Pas de commande de F-18 pour Ottawa?

Au-delà des tensions entre les Etats-Unis et le Canada, cette querelle commerciale pourrait avoir des répercussions jusqu'au Royaume-Uni, Bombardier étant le premier employeur industriel d'Irlande du Nord. Les autorités britanniques ont déclaré mercredi que Boeing pourrait perdre des contrats de défense au Royaume-Uni du fait de ce contentieux.

Outre le Canada, Bombardier est un des principaux employeurs en Irlande du Nord, avec près de 8.000 personnes, dont 4.200 pour les seules activités aéronautiques, la majeure partie dans son usine de Belfast où sont fabriqués les ailes et des éléments du fuselage du CSeries. "Cela a plutôt complètement à voir avec le fait d'être sur un même pied d'égalité et de garantir que les entreprises aérospatiales respectent les accords commerciaux", a réagi Boeing dans un communiqué.

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