Published: Dim, Août 06, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

L'unique parti appelant au non dénonce une campagne "inégalitaire" — Référendum en Mauritanie

L'unique parti appelant au non dénonce une campagne

La police a dispersé jeudi à coups de gaz lacrymogène et de matraque des opposants qui tentaient de se rassembler dans trois quartiers de la capitale Nouakchott.

Les bureaux de vote doivent ouvrir de 07H00 à 19H00 GMT dans ce vaste pays en grande partie désertique limitrophe du Sénégal, du Mali, de l'Algérie et du Sahara occidental.

Le scrutin s'est déroulé à l'issue d'une campagne houleuse émaillée de violences lors de manifestations de l'opposition.

Mohamed Ould Abdel Aziz explique de son côté que cette réforme vise à améliorer la gouvernance du pays d'Afrique de l'Ouest et juge que le Sénat est une institution "inutile et trop coûteuse".

Les résultats sont attendus à partir de dimanche ou en début de semaine prochaine.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2008, le président Abdel Aziz, un ancien général élu en 2009 puis réélu en 2014 pour cinq ans, doit faire face à une fronde du Sénat, pourtant majoritairement favorable au pouvoir, qui s'est cabré contre un texte signifiant sa disparition. La décision de passer outre à ce rejet en soumettant le projet à référendum a provoqué une controverse, l'opposition et des constitutionnalistes contestant la légalité de cette procédure.

À Genève, le Bureau des droits de l'homme de l'ONU s'est dit "préoccupé par les troubles qui précèdent le référendum (...), en particulier l'apparente suppression de certaines voix dissidentes et l'utilisation rapportée d'une force excessive par les autorités contre les dirigeants qui protestent contre le referendum".

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Les Mauritaniens devaient voter dans deux urnes: l'une pour les principaux amendements et l'autre pour la modification du drapeau.

" Ces sénateurs ont trahi la Nation, comment alors m'excuserais-je pour eux", a lancé M. Ould Abdel Aziz, appelant la foule à décréter la dissolution du Sénat " qui coûte très cher et ne correspond à rien, à aucun besoin ".

Une vingtaine de sénateurs poursuivaient jeudi leur sit-in, entamé la veille, au sein du Parlement placé sous haute surveillance policière.

Une forte abstention serait revendiquée comme un succès par l'opposition radicale, qui avait accusé vendredi le pouvoir de "préparer une fraude à grande échelle" et averti que des violences pourraient éclater, dont le pouvoir serait, selon elle, seul responsable.

L'opposition soupçonne le chef de l'Etat de vouloir aller au-delà de son second mandat, qui s'achève en 2019, malgré ses dénégations répétées.

Lesdits amendements sont le fruit d'un dialogue organisé en octobre 2016 entre la majorité présidentielle et une partie de l'opposition et boycotté par une large coalition comprenant une dizaine de partis politiques, des syndicats et des organisations de la société civile.

L'unique parti de l'opposition mauritanienne appelant à voter non au référendum constitutionnel de samedi a dénoncé une "campagne inégalitaire", le oui bénéficiant de la quasi totalité du temps d'antenne officiel, selon le chef de cette formation, Mahfoudh Ould Bettah.

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