Published: Jeu, Juin 15, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

Les discussions sur un accord de gouvernement se poursuivent — Grande-Bretagne

Les discussions sur un accord de gouvernement se poursuivent — Grande-Bretagne

- 'Coalition du chaos' - Sur le plan national, l'opposition du DUP au mariage homosexuel et à l'avortement suscitent le malaise au Royaume-Uni, tandis que l'Irlande s'inquiète de voir une telle alliance remettre en cause le fragile équilibre des pouvoirs qui règne en Irlande du Nord. L'objectif est plutôt de garantir un pacte avec le DUP pour soutenir le gouvernement dans les votes de censure et pour adopter les budgets - un régime de crise qui règne par une petite majorité sur une population qui les méprise largement. La veille, il avait indiqué qu'un accord de principe avait été trouvé.

Dans le cadre de ces négociations, Mme May doit rencontrer la cheffe du DUP Arlene Foster mardi à Londres.

De fait, le seul parti sur lequel May peut encore compter sont les sulfureux Unionistes nord-irlandais (PUD). Avec dix sièges, ce parti régionaliste ultra-conservateur, dirigé par Arlene Foster, permettrait à Theresa May d'avoir le soutien nécessaire pour gouverner tant bien que mal. Le nouveau Parlement siégera une première fois mardi, avant la cérémonie d'ouverture solennelle le lundi 19 juin, c'est-à-dire le jour prévu pour lancer les négociations sur le Brexit.

Parallèlement, les Tories commencent aussi les discussions avec le parti unioniste nord-irlandais du DUP dont ils ont désormais cruellement besoin.

La création d'un gouvernement conservateur/DUP détruit la base même de l'Accord et la quelconque stabilité politique obtenue par le biais de l'Assemblée d'Irlande du Nord. Elle doit compléter son gouvernement samedi.

Où en sont les négociations entre le DUP et les conservateurs? Un tel arrangement serait inconstitutionnel, car cette disposition est expressément autorisée en vertu de l'Accord du vendredi saint.

Le fait que les conservateurs sont prêts à envisager la reprise du conflit en Irlande, qui a coûté des milliers de vies pendant trois décennies à partir de 1969 durant ce qu'on appelait les "Troubles ", témoigne de la crise existentielle qu'ils rencontrent. Elle a préféré plaider en faveur de l'unité du pays afin de surmonter les défis de la sortie de l'Union européenne (UE) et du terrorisme islamiste.

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Cependant, May est plus que jamais encore sous la coupe de l'aile pro-Brexit de son parti. Affaiblie par le résultat de ces législatives anticipées, la Première ministre britannique tente de rassurer son camp, même si des concessions en faveur d'un Brexit "adouci" sont également évoquées. Le leader travailliste était interrogé ce dimanche à la télévision.

L'ancien Premier ministre conservateur David Cameron s'est invité dans le débat en estimant, dans le Financial Times, que Theresa May allait devoir "adoucir" son approche sur le Brexit et donner plus de responsabilités au Parlement. Son leadership n'a pour autant pas été remis en cause au sein de son propre camp.

Parallèlement à cet accord de gouvernement, Mme May a dû lâcher du lest samedi avec le départ de ses deux chefs de cabinet, Fiona Hill et Nick Timothy, fidèles parmi les fidèles.

L'actuelle Première ministre Theresa May a, jusque-là, refusé de démissionner. "Je pense qu'il est peu vraisemblable qu'il y ait une annonce aujourd'hui", a ajouté le porte-parole.

"Le vice-Premier ministre Damian Green a confirmé cette éventualité en évoquant les discussions en cours entre le gouvernement et le DUP".

Si elle ne fait pas alliance avec les unionistes, avec qui va-t-elle le faire?

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