Published: Sam, Juin 24, 2017
France | By Rebecca Lemoine

La France ne réclame plus le départ d'Assad

La France ne réclame plus le départ d'Assad

Sur la Syrie, "mes lignes sont claires", énonce Emmanuel Macron. Mais Emmanuel Macron a également repris l'idée de la ligne rouge exposée par Barack Obama: "L'utilisation d'armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule".

S'il a évoqué, jeudi, la nécessité d'établir "une feuille de route diplomatique et politique" pour régler le conflit syrien, Emmanuel Macron a fixé les deux priorités de son gouvernement en Syrie: "La lutte absolue contre tous les groupes terroristes" et la nécessaire stabilisation du pays, "car je ne veux pas d'un État failli" a-t-il précisé, en référence à la Libye, qui patauge dans le chaos depuis la chute du colonel Kadhafi en octobre 2011. Les États-Unis, à la tête de la coalition antidjihadiste, avaient affirmé, pour leur part, vouloir rétablir avec la Russie ce canal de communication militaire qui "a très bien fonctionné sur les huit derniers mois". "Le vrai aggiornamento que j'ai fait à ce sujet, c'est que je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout", assure le chef de l'Etat dans un entretien, mercredi, à huit journaux européens.

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Sur les réseaux sociaux, chercheurs et internautes ont souvent interprété cette phrase comme un blanc-seing accordé à Bachar el-Assad pour, sinon qu'il se maintienne au pouvoir, du moins qu'il participe à la transition politique en Syrie. Emmanuel Macron a justifié son point de vue en reconnaissant que "personne ne m'a présenté son successeur légitime". Depuis les attentats de novembre 2015 en France, l'objectif et l'action prioritaire de Paris en Syrie sont dirigés contre "les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis", a-t-il fait valoir, ajoutant qu'il ne voulait pas que la Syrie devienne un "État failli [en théorie des relations internationales, un État qui n'exerce plus d'autorité sur son territoire]". Après tout, Al-Assad ne tue "que" des Syriens alors que la priorité de la France est de combattre ceux qui sèment la terreur dans l'Hexagone. "Nous devons construire la sortie de Bachar el-Assad dans une transition vers un nouveau régime", disait-il en effet durant la campagne électorale. "On ne peut pas continuer comme ça". A suivre la logique du président français et son revirement soudain, il faut donc croire que les faits n'ont pas été confirmés. "Si certains veulent à tout prix qu'on place le débat sur: "Est-ce que l'on garde Assad ou est ce que l'on ne garde pas Assad", ce n'est pas comme cela que la question se pose", estimait le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, au lendemain de l'intervention de Rex Tillerson. La démocratie ne se fait pas depuis l'extérieur à l'insu des peuples.

Illustration: Versailles, Macron et Poutine jettent les bases des futures relations franco-russes.
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