Published: Mer, Juin 14, 2017
France | By Rebecca Lemoine

Edouard Philippe recadre François Bayrou

Edouard Philippe recadre François Bayrou

Le Premier ministre Edouard Philippe avait estimé vendredi que François Bayrou était "crédible" pour défendre ce texte au Parlement, malgré cette affaire révélée par Radio France.

Le chef du gouvernement a déclaré mardi sur franceinfo qu'"on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen" dans une allusion claire à son ministre de la Justice. C'est la raison pour laquelle j'ai indiqué à l'ensemble des ministres qu'il fallait systématiquement penser à la question de l'exemplarité. "Je pense qu'il a parfaitement conscience de ça", a répété le Premier ministre. "Voici ce qu'il me dit en substance: 'Des gens de chez vous sont en train de téléphoner à des salariés du MoDem, de les harceler de manière inquisitrice, et de jeter le soupçon sur leur probité".

Pourtant des sources de l'entourage du président du MoDem affirment au Canard qu'elle était "la collaboratrice personnelle de François Bayrou" jusqu'en 2014 et "n'a jamais travaillé pour l'Europe". "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, à des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai ", a-t-il rétorqué.

Rappel des faits: François Bayrou a appelé mercredi dernier le directeur des enquêtes et investigations de Radio France pour se plaindre d'une enquête en cours sur les emplois controversés du Modem et de la façon dont certains de ses collaborateurs au Modem étaient interrogés, avec véhémence selon lui.

L'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris est la conséquence d'une dénonciation anonyme. "Tout va bien, ils bossent".

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Emmanuel Macron l'a vite compris lorsque son futur ministre de la Justice a publiquement hurlé à la trahison parce qu'il estimait que les siens n'avaient pas été assez servis aux. "C'est délicat de s'exprimer sur ces sujets, surtout en pleine loi de moralisation", a glissé un élu centriste.

L'échange a été confirmé par le ministre lui-même, qui conteste toutefois avoir cherché à intimider son interlocuteur.

"Le problème, c'est que Bayrou ce n'est pas quelqu'un qui passe derrière, sur le porte-bagage!" résume un de ses anciens compagnons de route.

C'est la première fois qu'un membre du gouvernement critique ouvertement François Bayrou.

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