Published: Sam, Juin 17, 2017
Globale | By Boniface Saint-Yves

Donald Trump touché, mais loin d'être coulé — Audition de Comey

Donald Trump touché, mais loin d'être coulé — Audition de Comey

Il a précisé que le président n'a pas tenté d'arrêter la totalité de l'enquête mais uniquement la partie relative à Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité qui a démissionné en février après avoir évoqué les sanctions contre Moscou avec l'ambassadeur russe à Washington, Serguei Kisliak, alors qu'il n'occupait aucune fonction officielle. L'entourage de Donald Trump s'est raccroché aux rares éléments positifs pour le président dans le témoignage de James Comey.

Elle devait porter en revanche sur un épisode de cette saga qui ne cesse d'embarrasser la nouvelle administration: les relations qu'a entretenues par M. Comey avec le président jusqu'au départ du chef de la police fédérale.

La quinzaine de sénateurs assis en face de l'ancien premier flic des Etats-Unis voudront savoir si les multiples requêtes présidentielles, formulées en tête à tête dans l'intimité du Bureau ovale ou de la Maison Blanche, représentent une interférence politique et une entrave à la justice, un délit majeur qui dans le passé à conduit au lancement par le Congrès de procédures de destitution contre les présidents Richard Nixon et Bill Clinton. Croit-il qu'il a été licencié à cause de l'enquête sur la Russie? "Ce sont des mensonges purs et simples", a-t-il clamé.

Mardi 8 novembre, jour de l'élection de Donald Trump: Barack Obama commande aux renseignements américains un rapport exhaustif sur ces piratages.

"Mon bon sens me disait qu'il voulait quelque chose en échange de m'accorder ma demande de rester à mon poste", a-t-il dit, alors que son mandat courait jusqu'en 2023.

Dans une copie écrite de son témoignage rendue publique mercredi, M. Comey affirme que Donald Trump lui a demandé de " dégager (ce) nuage " portant ombrage à sa présidence en déclarant publiquement que M. Trump n'est pas visé personnellement dans les enquêtes sur les possibles liens de son équipe de campagne avec des responsables russes.

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"Je l'ai interprété comme une instruction", a-t-il dit. "Il est le président des États-Unis, seul avec moi, il dit qu'il espère ceci, je l'ai interprété comme une demande de sa part".

'J'étais tellement stupéfait par la conversation que j'en suis resté bouche bée', a-t-il dit aux élus, se disant aussi 'choqué et dérangé'. Il a accusé l'administration Trump de diffamation et sous-entendu que le président lui-même était un menteur.

Dans ce texte de sept pages, l'ancien procureur confirmait qu'il avait décidé dès sa première rencontre avec M. Trump, en janvier, de consigner par écrit tous ses échanges individuels avec le président américain, pour les méthodes duquel il ne cache pas son dédain. L'avocat engagé par le président pour gérer la crise, Marc Kasowitz, a de même insinué que l'ancien chef du FBI pourrait être poursuivi pour ces "fuites non autorisées".

"J'ai demandé à un de mes amis de remettre le contenu de mes notes à un journaliste".

Il a toutefois refusé d'émettre un avis juridique, s'en remettant au procureur spécial Robert Mueller, qui a repris l'enquête sur la Russie.

Cette fois-ci, Donald Trump ne s'est pas lancé dans une série de tweets, comme il en a l'habitude. "Oui, car j'ai vu le président le dire lui-même", a répondu James Comey, se référant à un tweet de M. Trump. Pourquoi n'avoir pas démissionné? C'est aussi une "pente glissante", selon lui, car pour qui le FBI devrait-il faire une exception à sa règle de mutisme?

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