Published: Ven, Décembre 30, 2016
France | By Rebecca Lemoine

La grâce en question — Jacqueline Sauvage

La grâce en question — Jacqueline Sauvage

Cependant il a accordé la grâce totale à Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari.

Un peu avant 18h, les premiers journalistes sont arrivés au centre pénitentiaire de Réau. "Le président de la République a estimé que sa place n'est plus en prison mais auprès de sa famille ", a justifié le palais de l'Elysée. De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Nathalie Kosciusko-Morizet, de nombreuses personnalités s'étaient mobilisées pour demander sa grâce. Sa fin de peine était fixée au 2 juillet 2018.

"J'ai décidé d'accorder à Jacqueline Sauvage une remise gracieuse du reliquat de sa peine", a annoncé le président de la République il y a moins d'une heure. Une décision unanimement saluée par la classe politique française. Virginie Duval, la présidente de l'Union des syndicats de magistrats a ainsi condamné "une atteinte totale aux décisions de Justice".

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Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de prison, en 2014, pour le meurtre de son mari violent, qui la battait, la violait et violait ses filles. Ses quatre enfants en avaient également été victimes.

Les dix années de réclusion criminelle infligées en appel en décembre 2015 avaient choqué une partie de l'opinion, prise de compassion pour cette femme battue. "Elle a toujours été soutenue par ses trois filles donc elle sera extrêmement accompagnée" expliquent-elles ainsi. Une pétition appelant à sa libération avait recueilli près de 436 000 signatures. "Cette grâce met fin immédiatement à sa détention." a tweeté François Hollande, ce mercredi à 16h12 précisément. La mobilisation autour de son cas a été telle qu'elle avait obtenu le 31 janvier, après une forte mobilisation, une grâce partielle du président Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant ainsi de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Pour l'association féministe, au-delà de cette affaire Jacqueline Sauvage, "la question que la société doit se poser, c'est comment un homme peut se comporter en agresseur, violer et violenter sa femme et ses enfants sans qu'aucun service ne s'en rende compte et sans qu'aucune réponse sociale ne puisse être apportée à ça?"

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